L’interview croisée des fondateurs de votre petite entreprise artisanale provençale préférée
Derrière WAWAWA, notre entreprise artisanale de cosmétiques et produits sensoriels made in Provence, il y a nous, Arabelle et Rémy. Nous n’avions jamais pris le temps de nous présenter comme il le fallait. Voilà qui est chose faite, avec cette interview croisée qui devrait vous permettre de mieux nous connaître.
Entreprendre en couple
WAWAWA c’est une aventure artisanale à deux, une entreprise varoise portée en couple avec une vision commune mais des talents complémentaires et des différences qui font notre force, une passion commune et des défis relevés ensemble, qui apportent une âme à notre marque.
Derrière la marque de cosmétiques naturels et produits sensoriels, Arabelle et Rémy
Rémy : Pour commencer, peux-tu te présenter pour celles et ceux qui ne te connaîtraient pas ?
Arabelle : Maman de 3 enfants, j’aime la nouveauté, flâner dans les friperies, découvrir les vertus des « mauvaises herbes », et j’adore les chiens. Certaines personnes diraient que j’ai une obsession pour les teckels.
Arabelle : et toi ?
Rémy : Quelle coincidence, j’ai 3 enfants également 🙂 À côté de WAWAWA, je suis illustrateur depuis une vingtaine d’années. Créer, apprendre et bidouiller c’est ce qui m’anime au quotidien. J’aime le chocolat noir, la série The Office et les jeux de société (j’en illustre d’ailleurs). Certaines personnes ont tendance à penser que je serais légèrement têtu.
Rémy : Que faisais-tu avant WAWAWA ?
Arabelle : J’étais aidé-soignante en EHPAD, j’aidais tous les jours des personnes âgées dans les gestes du quotidien.
Les débuts de l’aventure
Arabelle : Que représente WAWAWA pour toi ?
Rémy : C’est une source d’épanouissement créatif et un moyen de vivre en harmonie avec mes convictions écologiques en proposant de produits respectueux pour notre environnement, sans prendre les consommateurs pour des couillons.
Rémy : Et pour toi ?
Arabelle : Pour moi, WAWAWA est le reflet de nos convictions : travailler des matières issues du vivant, fabriquer des produits de qualité manufacturés en déposant un sourcing le plus local possible. C’est avant tout une marque de cosmétiques et produits bien-être sains et sensoriels.
Rémy : Quand on repense au moment où on a eu l’idée de WAWAWA, avec le recul… Il ne faut pas être ravagée du bulbe pour se lancer dans la création de marque ?
Arabelle : Si, du moins complètement inconsciente. Mais une fois qu’on est lancé, on devient vite accroc à cette aventure et malgré les épreuves et galères quotidiennes, pas question d’abandonner !
Arabelle : Qu’est-ce qui t’a donné envie de tenter cette aventure entrepreneuriale ?
Rémy : J’avais envie de développer un nouveau projet en parallèle de mon activité d’illustrateur, quelque chose que l’on puisse faire tous les deux. Nous cherchions un projet qui nous ressemble vraiment, proche de nos valeurs et où l’on serait complémentaires afin que chacun puisse exprimer ses compétences tout en ayant son espace de liberté. Le projet ultime où l’on puisse fusionner nos deux grands esprits pour explorer des idées formidables. Quand on a eu l’idée de WAWAWA c’était clair comme de l’eau de roche : nous avions trouvé exactement notre projet ! Relever le challenge de développer notre propre marque sans concessions et vivre cette aventure incroyable, c’est extrêmement stimulant !
Rémy : Qu’est-ce qui t’a fait le plus peur en te lançant dans la création d’entreprise ?
Arabelle : Que WAWAWA soit un flop et que tout le monde déteste nos produits, tout simplement ! Les premiers retours enthousiastes de client·es ont vraiment contribué à me rassurer.
Dans les coulisses de la création
Arabelle : Tu imaginais que WAWAWA serait comme ça au départ ?
Rémy : J’avais une idée assez précise en tête et au final, oui, WAWAWA y est assez fidèle. On savait qu’on ferait des erreurs au début et que l’essentiel serait de savoir rebondir, s’adapter et donc que notre marque évoluerait constamment. Je crois qu’on est plutôt bons pour savoir se remettre en question et trouver des solutions aux problèmes que l’on rencontre en chemin ! Nous avons commencé avec 4 savons et le déodorant et je pensais que WAWAWA ce serait avant tout des cosmétiques… finalement on développe de plus en plus de produits sensoriels liés au bien-être, comme les parfums d’ambiance, et ça, je ne m’y attendais pas !
Rémy : Entre la fabrication des produits, la conception des formules, la paperasse administrative, la vente sur les marchés, et une de tes 258 autres casquettes de savonnière / entrepreneure, quelle est la partie de ton travail que nos clients imaginent le moins ?
Arabelle : Probablement tout ce qui concerne la préparation des plantes : que ce soit la cueillette dans notre jardin ou la nature, le séchage ou la création des décoctions. Dans la plupart des savons vendus dans le commerce, même artisanaux, on retrouve des huiles et éventuellement des macérats mais on va très rarement trouver des plantes transformées.
Arabelle : Est-ce qu’il y a une création dont tu es particulièrement fier ?
Rémy : J’aime quand on collabore avec d’autres personnes passionnées dans leur domaine. Je suis ainsi particulièrement fier de notre collaboration avec le Domaine du Rayol sur le savon À l’Ombre des Eucalyptus. C’est un lieu incroyable que j’affectionne particulièrement. Tu as créé une super recette, et j’ai adoré travailler sur le packaging. Avec l’eucalyptus qui invite au voyage, ce savon résume bien WAWAWA : un ancrage local solide, mais une ouverture sur le monde. Faire du made in France, ou du made in Provence ce ne doit pas être juste un argument marketing, et surtout ça ne doit pas être un signe de repli sur soi.
Rémy : Tu as créé plusieurs recettes originales, je t’ai vue expérimenter et tester plein de choses… tu te souviens d’un produit qui a été particulièrement galère à développer ?
Arabelle : Le shampoing Jujubee ! Je voulais faire un shampooing sans tensioactif polluant et efficace pour les cheveux sur le long terme. Je suis partie sur un système de saponification à froid comme les savons et j’ai ajouté un conditionneur végétal pour l’hydratation des cheveux et des plantes locales bienfaisantes pour le cuir chevelu. Le premier défi a été de trouver une plante adaptée que je pouvais prélever en quantité suffisante sans impact négatif sur la biodiversité. Le jujubier correspondait parfaitement à mes critères… mais avec toutes ses épines, ce n’est pas une partie de plaisir à récolter ! Second défi : le conditionneur a un pH plus acide que le savon saponifié à froid avec les autres ingrédients et la mise en œuvre est délicate… ça a demandé de nombreux essais et des changements de moules par rapport au fait qu’il se solidifiait très vite.
Rémy : Bon, ajoutons un peu de drama à cette interview : tu aurais une anecdote de derrière les fagots sur une piste que nous aurions abandonnée en cours de route ?
Arabelle : On recherchait des plantes riches en saponine, on s’est intéressé à la saponaire mais ce n’est pas facile d’en trouver. La plante n’est pas adaptée à notre jardin provençal sans arrosage et j’ai été obligée de nous fournir en plantes séchées. Mes essais ont été peu concluants dans les savons, je n’étais en effet pas parfaitement satisfaite que ce soit au niveau olfactif ou du pouvoir moussant.
Arabelle : Y a-t-il une odeur, une matière, un paysage ou un souvenir de Provence qui te fait immédiatement penser à WAWAWA ?
Rémy : La coque des amandes, séchée au soleil, c’est un concentré de ma Provence natale. J’ai tout de suite en tête des souvenirs d’enfance de la récolte des amandes sur le terrain familial. Les amandes que l’on fait tomber à coup de perche en bambou vers la fin de l’été, le bruit de leur impact sur les bâches, l’odeur de leur peau que l’on enlève à la main, les draps tendus sur les terrasses inondées de soleil et de lumière vive, pour faire sécher les fruits dans leur coque…
Nouvelle étape dans l’aventure WAWAWA : le déménagement de la savonnerie à Saint-Antonin-du-Var
Rémy : Nous avons déménagé notre atelier de Lorgues à Saint-Antonin-du-Var. Qu’est-ce que ça change pour toi ?
Arabelle : Ça change tout ! J’ai beaucoup plus de place pour stocker les ingrédients, et un laboratoire assez grand pour accueillir mes outils et fabriquer en plus grande quantité. On a réussi à aménager différents espaces pour accueillir du public pour des ateliers de fabrication de cosmétiques, mais aussi un coin boutique avec tous nos produits.
WAWAWA au quotidien
Arabelle : Qu’as-tu appris avec WAWAWA ?
Rémy : La patience ! J’aimerais parfois avancer plus vite sur le développement de l’entreprise. On gère tellement de choses différentes qu’il est souvent frustrant de devoir choisir quelle tâche prioriser, surtout avec le lot de nouveaux problèmes à résoudre qui s’ajoutent fréquemment. Ce n’est par exemple que cet été qu’on a créé un vrai catalogue pro pour les revendeurs.
Rémy : Un petit truc du quotidien qui te réjouit avec WAWAWA ?
Arabelle : Toutes les personnes qui repassent sur notre stand juste pour nous glisser qu’elles ont adoré ce qu’elles ont essayé, et qui font parfois un gros stock de nos produits parce qu’elles savent qu’elles ne reviendront pas dans la région avant un moment.
Arabelle : Si tu devais résumer ce qu’on veut faire avec WAWAWA en 5 verbes ?
Rémy : Se dépasser, surprendre, respecter, sublimer, partager, éveiller. J’ai triché, ça en fait 6 !
WAWAWA, vers l’infini et au-delà !
Rémy : Pour finir, c’est quoi la suite avec WAWAWA ?
Arabelle : Je suis actuellement en formation pour me perfectionner dans la création de parfums. Après la sortie à succès de nos parfums d’ambiance aux fragrances de Grasse, j’ai vraiment hâte de commencer la création de parfums pour le corps, toujours dans l’esprit de WAWAWA : des matières clean et des fragrances locales. Et je suis sûre que tu es impatient de pouvoir en réaliser les étiquettes 🙂
Il y a aussi des sorties de nouveaux soins prévues très bientôt, pour répondre à une forte demande de notre clientèle, mais chuuuuut…encore un peu de patience !
Et puis nous voulons approfondir les collaborations avec d’autres professionnels, car cela permet de créer des choses encore plus originales.
Photo de couverture : crédit Ether Brink